Humour Burkinabé : Interview de Soum le Sapeur

Soum le Sapeur, en compagnie de Floby et Ramatoulaye

Interview de Soum le Sapeur, Humoriste Burkinabé.

<< L’humour Burkinabé va mal…>>

Connu sous le pseudonyme « Soum le Sapeur », Natabzanga Soumaila Kaboré est un comédien du théâtre et Humoriste Burkinabè qui s’explose sur scène et sur les réseaux sociaux à travers différentes vidéos dans lesquelles, il dénonce les faits de la vie courante et sensibilise la population sur certains fléaux et d’autres dérives sociétales.

Ce soulard « HD » ( Haute Définition ) éveille les consciences en se mettant à la place d’un ivrogne.

Soum le Sapeur a eu la passion pour l’humour depuis sa tendre enfance.

Dès lors, il a commencé à s’auto-former en suivant juste les prestations des doyens aux FIRHO, FESTHURIK , MARRAKECH DU RIRE et des expériences reçues dans le théâtre.

Pour le plaisir de nos lecteurs, Burkinaweb.net est parti le chercher dans son kiosque où il parle de son métier, ses difficultés, ses grands projets humoristiques.

Il n’est pas passé par le dos de la cuillère pour dénoncer l’hypocrisie qui mine l’humour au Burkina Faso.

Lisez plutôt !

Comment êtes-vous venu dans l’humour ?

Je suis venu dans l’humour par une auto formation en suivant juste les prestations des Doyens aux FIRHO, FESTHURIK, MARRAKECH DU RIRE et les expériences reçues dans le Théâtre.

Avant d’entamer ma carrière d’ humoriste, je me suis formé en théâtre avant de bifurquer au cinéma où j’ai fait la rencontre d’Issaka Sawadogo, acteur Burkinabè à Hollywood.

Grâce à ma persévérance, j’ai décroché deux masters class. De formation en formations au CITO, au CRAC, je me suis par la suite construit une image humoristique professionnelle.

Il faut ajouter un détail qui n’est pas à négliger comme quoi, je suis le poulain de Gombo.com et en même temps, j’ai été le premier humoriste produit par un groupe humoriste qui est Gombo.com.

J’ai tenu mon « One Man show » le 15 Mai 2021 passé qui a eu un franc succès au CENASA, qui a d’ailleurs refusé du monde. Ce spectacle a été produit par Gombo.Com, dirigé par Gombo.Com et Assisté par Mister 100% dit Éric Gaego que je salue au passage.

Quelles difficultés vivez-vous dans l’exercice de votre métier ?

Dans l’exercice de mon métier qui est l’humour, il n’en manque pas de difficultés. Je peux citer entre autres :

  • La mal-interprétation de mes messages véhiculés,
  • La non reconnaissance de l’humour comme un boulot voire un métier,
  • La non confiance de nos frères Burkinabè sur la valeur, la profondeur de nos textes.

Parlez-nous de la thématique abordée dans votre humour ?

Je travaille beaucoup sur le PMS ( Personnages, Mœurs et Situations) donc je touche un peu à tous les thèmes.

D’où tirez-vous votre inspiration ?

Je tire mon inspiration un peu partout : avec mes amis, mes collègues, autour d’un thé, parfois même seul.

Est-ce que l’humour nourrit son homme ?

L’humour nourrit un peu son Homme, car chez moi, ils sont peu pour ne dire rares comme promoteurs de spectacles qui pensent aux humoristes et qui arrivent à respecter leurs cachets. À chaque fois, ils parlent beaucoup de demandes de soutiens et pourtant un artiste ne pas vivre de son art avec des cachets de soutiens. Désolé, mais il va mourir vite, car plus on l’exploite, plus il ne pourra plus s’inspirer et bonjour la galère.

Comment se porte l’humour Burkinabè ?

L’humour Burkinabè va mal. Je m’explique : « Des dates de spectacles non étudiées entre humoristes; des spectacles qui manquent de soutiens donc conséquence le prix d’entrée est cher, la qualité des One-Man-show souvent décourageant, Manque de salle de spectacle couverte et appropriée à l’humour; Conséquence, en cas de pluie, la débandade totale. »

Le CENASA est notre seul espoir actuellement.

L’hypocrisie entre humoristes se vit mais d’une manière dangereuse. Je prie Dieu pour que ça cesse. Sinon rendez- vous d’ici là pour que ça pète.

Percez-nous l’abcès de cette hypocrisie? Comment se manifeste- t-elle ?

Pour l’hypocrisie, je ne pourrai la décrire pour vous. Mais tout ce que je sais, c’est que cette hypocrisie est là et bien réelle. Je crois très bien qu’ils le savent eux tous.

Pour ma part j’ai été choqué d’entendre un promoteur Nigérien disant qu’il a voulu m’inviter à son Festival, mais malheureusement il ne pourra pas, car il a signé un partenariat avec un Frère humoriste Burkinabè qui a un espace culturel ici, dont je vais taire le nom et que ce dernier a proposé un autre humoriste Burkinabè comme quoi je ne remplis pas les conditions de son espace.

À ce que je sache, j’ai eu à participer à des spectacles de soutiens dans son espace à plusieurs reprises sans prendre un « rond » ( argent), car c’était convenu comme ça au départ. Mais depuis que j’ai refusé de le faire, pour question de mon programme d’études au Centre de Formation et de Recherche en Art Vivant, bonjour les dégâts.

À ce que je sache cet espace n’a jamais eu de conditions autres que les spectacles de soutiens et là aussi je l’ai fait.

Ils sont nombreux qui font semblant et disent que tout va bien dans l’humour. C’est faux et archi faux.

Il faut ajouter que ce dernier pense avoir les monopoles des spectacles d’humour à l’extérieur. Donc, il fait le choix de ceux qui acceptent être vilipendés. Il signe des partenariats un peu partout et comme il est doyen pour moi, il connaît mieux le terrain que moi et il se fait incontournable.

Je le respecte trop pour le voir jouer à ce jeu tout en oubliant que c’est chacun à son époque et sa chance.

Je profite lancer un cri de cœur à tous les Doyens de prendre leurs responsabilités pour que ça cesse vite et de grouiller faire travailler leurs contacts à l’extérieur pour faire pousser les jeunes à s’exprimer sur d’autres scènes dans d’autres pays.

J’assume car c’est honnête et c’est ce que je vis et ce que je vois. Donc je me dois de dire la vérité aux médias de mon Pays. À l’extérieur, je vais me taire, car le linge sale se lave en famille.

Vous êtes face à Mme la ministre de la culture, des arts et du tourisme, dites-lui ce que vous tenez à cœur pour le rayonnement de l’humour Burkinabè ?

Pour Mme la ministre, je voudrais solliciter à ce que vous réduisez vos procédures sur nos dossiers de demande de soutien à nos spectacles.

Je demande à ce que vous acceptiez soutenir tous les humoristes à leurs spectacles.

J’aimerais que vous preniez le soin de recevoir nos dossiers avec respect et considération et d’accepter nous accompagner.

Vous côtoyez les jeunes chaque jour au kiosque, quelles sont les raisons qui les poussent à consommer les boissons frelatées?

Ce qui emmène les jeunes à consommer les boissons frelatées, la plus part des cas ce sont les déceptions en familles, le découragement dû aux sans emplois après de longues études, certains parlent de déceptions amoureuses, d’autres la mauvaise compagnie,…

Quel appel avez-vous à lancer aux plus hautes autorités afin qu’elles trouvent une thérapie de choc au phénomène ?

Je demande aux plus hautes autorités d’insérer le théâtre dès l’école primaire jusqu’à l’université, car il enseigne, éduque, oriente, ouvre les esprits et fait briller la conscience intellectuelle et mentale de l’apprenant.

Je demande à ce qu’il serre la ceinture au niveau des frontières, car ça passe par là pour arriver dans les mains des consommateurs.

Je demande à ce qu’il encourage beaucoup plus nos FDS, les aider à mieux faire leurs boulots sans craintes ni soucis.

Vous adoptez un style atypique, tel que l’ivrogne pour faire passer vos messages humoristiques. Pourquoi ce choix ?

C’est pour dire Haut ce que d’autres pensent Bas et faire comprendre que l’ivrogne dit souvent des choses sensées s’il est écouté. L’ivrogne vote aussi donc je crois qu’il a souvent son mot à dire dans la société. En même temps interpeller aux personnes qui consomment l’alcool frelaté de revenir à la raison pour leur propre santé.

Déclinez-nous votre cachet ?

Mon cachet se discute selon les spectacles avec mon manager en qui je fais entièrement confiance. En cas de besoin, il est disponible et opérationnel.

Qu’attendez-vous du public humoristique ?

Leur acceptation, considération, affection, amour, sérénité, accompagnement, soutien matériel et financier pour hisser haut l’humour Burkinabè au-delà des frontières.

Quels sont vos grands projets ?

Former un jour des étrangers chez moi pour impacter aussi positivement leurs pays à travers l’humour;

Tourner un peu partout dans le monde humoristique pour brandir le drapeau de mon pays tant aimé.

Votre mot de la fin ?

Arrêtez de nous encourager. On a déjà le courage car on est Artiste Burkinabè (rire). On a besoin de soutiens Financier et matériel pour bien exceller dans ce qu’on fait.

Je remercie également Burkinaweb.net dans son effort de former et d’informer tous les Burkinabè à l’intérieur comme à l’extérieur.

Dieu Bénisse le Burkina Faso, et que la Paix revienne.

Madi Sidparaadye KEBRE/Burkinaweb.net

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